Mon Blog D'arts plastiques

17 novembre 2013

 


"Le visage de la Terre semble aujourd'hui parfaitement connu. Mais l'art vient brouiller les cartes, forcer les frontières et ériger une géographie nouvelle, intime et subjective."
"Attention l'évaluation du Blog aura lieu dés la rentrée des vacances de la Toussaint.
Ne tardez pas à finir ce travail !
Ne tardez pas à me joindre par mail l'adresse de votre blog !"

Cette année chacun doit réaliser un blog correspondand aux cours d'arts plastiques hebdomadaires.

La mise en page est libre, soyez créatif et prenez du plaisir à le réaliser.

A vos claviers...

 

PRÉSENTATION DES PROJETS

BEUYS’ ACORNS d’ACKROYD & HARVEY

En 2007, Ackroyd & Harvey ont ramassé et fait germer une centaine de glands provenant des 7000 chênes plantés par Joseph Beuys. Ils ont donné naissance à 250 jeunes arbres. Leur projet est de soigner ces descendants avec ténacité et d’embrasser la déclaration de Beuys selon laquelle les cités et les villes devrait être “comme des forêts”.

Les sciences émergentes montrent combien les forêts sont cruciales pour la santé des villes à long terme : une augmentation de 10% de la couverture arboricole peut maintenir l’augmentation des températures en dessous de 4°C et rendre les villes invulnérables au changement climatique jusqu’en 2080. Les artistes collaborent au projet arbres du Dr Roland Ennos de l’Université de Manchester et à l’ECI d’Oxford à Wytham Woods.

Beuys’ Acorns agit comme un catalyseur, générant une série d’interfaces publiques autour de ces jeunes arbres, animées par des artistes, des scientifiques, des avocats, des architectes et des écrivains qui révélent l’interdépendance fondamentale qui nous unit au monde naturel. C’est un levier pour les sciences émergentes et une tentative d’influencer de manière significative les politiques environnementales. Quand les arbres seront plus matures, les artistes envisagent des plantations massives dans des villes anglaises particulièrement pauvres en arbre. Esthétiquement, il s’agit d’un appel à couvrir nos villes d’arbres et de plantes, afin de nous préparer à un futur incertain. Au lieu de 7000 arbres, les artistes appellent à en planter 7 millions à travers les villes d’Angleterre et d’Europe.

Ackroyd & Harvey sont un duo créé en 1990. Ils vivent et travaillent à Londres, UK

 

PARTICLE FALLS d’ANDREA POLLI & CHUCK VARGA

 

Particle Falls est une projection qui intéragit avec l’environnement et permet aux passants d’apprécier en temps réel le taux de micro-particules dans l’air. Elle prend la forme d’une cascade chutant sur la façade d’un immeuble.

Une étude récente commandée par le maire de Londres montre que 4300 personnes meurent prématurément chaque année à cause de la mauvaise qualité de l’air à Londres (BBC News, Sunday, 28 Mars 2010). Les technologies récentes peuvent évaluer les niveaux de particules fines dans l’air en temps réel. La surveillance globale de la pollution aux microparticules fait partie des développements les plus récents de l’aéronomie. Ce projet inclut un néphélomètre (dans le cadre d’une collaboration avec Sonoma Technologies/AirNOW), qui mesure les plus petites particules. Moins de particules brillantes de part et d’autres de la cascade
signifie moins de particules dans l’air.

Cette installation grand public agit à la fois comme un poste de contrôle, une alarme et une source de beauté. Particle Falls peut s’adapter à tous les sites et idéalement fonctionner en collaboration avec les services de surveillance locaux.

Andrea Polli & Chuck Varga collaborent depuis 1999. Ils vivent et travaillent au Nouveau Mexique.

 

PEGASE d’ARNAUD VERLEY & PHILEMON

 

Pégase est un animal miraculeux, la monture du dieu du soleil, un cheval de feu rapide comme l’éclair, un moyen de locomotion fantasmé. Ce projet propose une métaphore moderne incarnée dans un Pégase terre-à-terre, devenu une honorable bête de somme.

Harnaché, Pégase est équipé d’un dispositif qui convertit l’énergie solaire en électricité. Il broute, voyage, se charge en électricité. Une fois les batteries pleines, l’animal, avec
son kit et sa prise femelle, peut servir à quiconque : recharger un téléphone, alimenter une radio, une lampe, un sèche-cheveux. Reprenant la symbolique du porteur
d’eau, ce Pégase est un animal de service, ambigü, incongru, écologique et qui sait, visionnaire. Il oscille entre progrès et décadence. Non sans humour, ce Pégase pèse sur le mythe solaire avec sa parure profane. Il convoque l’hyper-modernité, la fin des énergies fossiles, la locomotion lente, en cette période de croissance molle et de catastrophes écologiques.

Lille, Dunkerque, Ostende, Anvers, par les plages, les chemins de halages, les voies piétonnes, du Nord de la France jusqu’en Belgique, Pégase livre du courant. Le dispositif est expérimenté avec la population.
Les actions sont consignées. Le projet sera exposé à la Fondation Verbeke (Anvers, 2012) et au Bureau d’art et de recherche (Lille 2013).

Arnaud Verley & Philémon sont est un duo formé en 2007.  Ils vivent et travaillent à Lille, France.

 

FOLIA APOTROPAÏCA d’ART ORIENTE OBJET (LAVAL-JEANTET & MANGIN)

Le projet Folia Atropoïca consiste à accompagner le Dr Graham Dorrington (ingénieur) et le Dr David Roberts (botaniste), en forêt primaire à bord du White Diamond, l’aéronef à moteur conçu par Graham Dorrington pour observer la canopée au Brésil, en Guyanne ou au Gabon. L’expédition conduira à identifier une plante non encore nommée de la forêt primaire. La plante en question sera officiellement baptisée Folia apotropaïca, c’est-à-dire littéralement « feuille qui conjure le mauvais sort ».

En recourant à des techniques mises au point par l’Université de Cambrige permettant de transmettre momentanément des propriétés phosphorescentes aux
plantes, le duo Art Orienté objet souhaite rendre une série de lianes arboricoles temporairement bioluminescentes afin de les déposer sur la canopée au moyen de l’aéronef, de façon à ce qu’elles écrivent en lettres gigantesques le nom de la nouvelle espèce découverte, Folia Apotropaïca, et que ce nom apparaisse sur les enregistrements satellitaires le temps que dure la bioluminescence.

Cette action poétique vise à provoquer les interrogations des observatoires satellitaires, afin de témoigner des extrémités auxquelles sont réduites les consciences individuelles qui cherchent incurablement à changer la sensibilité des dirigeants. Elle est porteuse de l’espoir que toute action symbolique peut réveiller la conscience
de l’observateur, mais elle participe aussi d’une utopie formidable qui voudrait qu’artistes et scientifiques partagent une sensibilité commune et des moyens contemporains pour en témoigner.

Art Orienté Objet est un duo créé en 1991. Ils vivent et travaillent à Paris, France.

 

RANE-CHAR du DOCTEUR DARO MONTAG


Le projet RANE-CHAR utilise la production de charbon de bois biologique comme une stratégie artistique afin de sensibiliser à la menace du changement climatique.

Lorsque les arbres sont coupés, utilisés comme bois de chauffage ou laissés à la décomposition, la plupart du dioxyde de carbone absorbé par les arbres durant
leur vie retourne dans l’atmosphère. Si au contraire, la matière végétale est transformée en charbon de bois, une grande partie de ce carbone reste contenu sous une forme stable qui l’empêche de s’échapper. Ce processus qui consiste à transformer la matière organique en « bio-char» (comme charcoal : charbon de bois), connu sous le nom de pyrolyse permet à la matière végétale de brûler à haute température en l’absence d’oxygène. Le « bio-char » qui permet d’atténuer de manière potentielle le changement climatique en diminuant la quantité de carbone dans l’atmosphère et en le maintenant dans le sol, possède aussi des propriétés uniques qui participent au maintien d’un sol sain.

L’oeuvre se présente sous quatre formes différentes :

1. La pyrolyse du bois lors d’une intervention publique et le conditionnement du « bio-char » produit dans des sacs de 1kg qui seront l’oeuvre elle-même.

2. La distribution de sacs individuels et uniques de RANE CHAR, accompagnés d’une carte postale. Les membres du public interviennent en enterrant le contenu et en renvoyant la carte postale au groupe de recherche RANE qui enregistrent et localisent en ligne, là où le « bio-char » est enterré.

3. Une caisse de transport contenant les sacs de RANE CHAR conçue afin d’être exposée.

4. Une conférence publique du Dr Daro Montag, utilisant le charbon de bois produit lors du projet afin d’illustrer les liens entre énergie, économie et environnement qui conduisent notre culture vers une crise.

Daro Montag est né en 1959. IL vit et travaille à Falmouth, UK.

 

KRIESLAUF de DAS NUMEN


Le projet Krieslauf (circuit) est une installation technique à base de filtres qui propose de purifier les eaux usées générées dans le cadre d’une exposition et de produire une eau potable, le tout sur place et dans un processus faisant partie de l’exposition.

Sorte de catalyseur purifiant les sécrétions de l’exposition, pour venir ensuite rafraichir les visiteurs, le Krieslauf propose un cycle complet de digestion / sécrétion /
nettoyage.

A travers ce système, un lien inattendu est proposé entre l’eau des toilettes et celle du robinet. Il devient alors possible de boire une eau que l’on a préalablement souillée. Pour cela un système de séparation entre les éléments solides (excréments) et liquides (urines) se fait à la base dans les toilettes, la partie solide est séchée, la partie liquide est alors filtrée par des mécanismes naturels (membranes, lumière UV, chlorofication…). Le mécanisme est pour partie rendu visible au visiteur qui prend ainsi conscience des mécanismes naturels en réponse aux demandes d’hygiène et aux besoins en ressources.

L’objectif est de générer une prise de conscience au travers d’une expérience plaçant la nature dans une création à la fois surprenante, dérangeante, intime, atypique et magique au sein d’une culture occidentale ayant oublié à quel point les services rendus par la nature peuvent être puissants, évocateurs et locaux.

Das Numen est un collectif créé en 2009. Ses membres vivent et travaillent à Berlin, Allemagne.

 

SUPERMEAL d’ERIK SJÖDIN


La plante aquatique Azolla peut à peu près tout faire : remplacer les fertilisants chimiques, servir de nourriture, prévenir la malaria et ouvrir la voie de l’espace. Elle est peut être même un régulateur du climat de la Terre. Cette plante, avec une rapidité de croissance unique est également une source importante de nutriments. Pourtant, elle ne fait pas parti de notre alimentation quotidienne.

Dans Super Meal, Erik Sjödin expérimente avec des agriculteurs, des chefs cuisiniers et des scientifiques, l’utilisation de l’Azolla dans l’alimentation et réfléchit à la façon dont nous produisons et produirons à l’avenir notre nourriture. Le projet donne lieu à des mises en culture d’Azolla, des workshops et des cours de cuisine, des séances de cuisine et des repas
partagés dans l’espace public.

Super Meal se développe notamment avec l’aide de John Larsson du département botanique de l’université de Stockholm, Masamichi Yamashita du département de Biologie et d’Agriculture spatiales de la branche scientifique de la JAXA (Japon), le collectif artistique et agricole Kultivator de Öland (Suède), l’espace d’art contemporain et d’architecture Färgfabriken à Stockholm et Oloph Fritzen, agriculteur dans l’unique ferme urbaine de Stockholm.

Erik Sjödin est né en 1979. Il vit et travaille à Arsta, Suède.

 

TOPIQUE-EAU d’ISABELLE DAËRON


Au 19ème siècle, le réseau de collecte des eaux se met en place à Paris, un réseau unitaire est adopté. Ce système réunit dans un même tuyau les eaux pluviales et les eaux
usées, permettant de réduire les coûts relatifs à la conduction des flux. Mais le volume d’eau à traiter augmentant, il paraît aujourd’hui inapproprié. Les eaux de pluie se mélangent aux eaux usées, l’ensemble est traité dans les stations d’épuration alors que les eaux pluviales requièrent une filtration bien moins importante.

Les réseaux impliquent une dépendance à un système technique, ils déconnectent le citadin de leur milieu de vie. Penser l’organisation des flux en rapport avec la mobilité des usagers de demain signifie proposer des objets autonomes, transportables qui permettent une utilisation des ressources sur le lieu lui-même.

Topique-eau est une fontaine déconnectée du réseau hydraulique et connectée au milieu qui prend appui sur les qualités du lieu (pluviométrie, éléments physiques existants comme par exemple des arbres ou des poteaux, etc) pour proposer une eau potable. Cette fontaine constitue un signe s’adressant aux citadins : elle raconte le processus de transformation d’une ressource – l’eau de pluie –, de sa captation à son stockage et sa filtration jusqu’à son utilisation par les usagers du lieu.

Isabelle Daëron est née en 1983. Elle vit et travaille à Paris, France.

 

THE INFINITY CUBE LAB de JAE RHIM LEE


L’Infinity Burial Project est une proposition modeste d’alternative au traitement des corps Post mortem, qui promeut et facilite l’engagement individuel dans le processus de décomposition, une mise au défi du déni de la mort et de la dégradation environnementale inhérents aux pratiques Post mortem occidentales.

Ce projet repose sur le développement d’une variété de champignon unique, le Infinity Mushroom, qui décompose et élimine les toxines des tissus humains. Il propose un “kit” de décomposition, un costume funéraire équipé d’activateurs de décomposition et anime une association vouée à la promotion de la conscience, de l’acceptation de la mort et de la pratique de la «décompiculture» (culture des organismes agissant dans le processus de décomposition).

The Infinity CubeLab est un module laboratoire développé pour la Station Spatiale Internationale dans le cadre de recherches scientifiques sur les effets et les potentiels de la microgravité. The infinity CubeLab a pour but de tester la viabilité de l’Infinity Mushroom comme digesteur de biofilm et de tissus humain en microgravité et de constituer une solution à la question des déchets et des funérailles dans l’espace.

Jae Rhim Lee propose l’installation d’un Infinity CubeLab à échelle humaine. Sa surface transparente est enduite de biofilm et de champignons. Des capteurs de température et d’humidité, ainsi qu’une caméra permettent d’observer les activités et les interactions entre le biofilm et les champignons. Un jeu de reflet projette les observateurs “à l’intérieur” du Cubelab, suggérant qu’ils seront eux aussi un jour digérés.

Jae Rhim Lee est née en 1975 à Gwangju, Corée du Sud. Elle vit et travaille dans le Massachusetts, USA.

 

PERPETUAL AMAZONIA de LUCY + JORGE ORTA


En 2009 et 2010 le duo réalise Amazonia pour le Musée d’Histoire Naturelle de Londres. Dans l’esprit des «voyages d’exploration », les oeuvres produites retracent leur expédition entreprise en forêt amazonienne péruvienne à l’été 2009 avec Cape Farewell, autour de la biodiversité. Lucy+Jorge Orta projettent de présenter en France le deuxième volet de ce travail avec Perpetual Amazonia (MLC Plot 00,0001 I one metre | S12 48 21.6 W71 24 17.6) : une oeuvre à la fois photographique, relationnelle et participative, impliquée dans le processus d‘étude et de sauvegarde de la forêt Amazonienne.

Lors de leur expédition, aux côtés des scientifiques, les artistes ont enregistré et photographié toute la flore et la faune qu’ils ont rencontrée sur une parcelle d’un hectare dans le forêt de Manu (GPS S12 48 21.6 W71 24 17.6). Ils ont ensuite divisé cet hectare en 10.000 sous-parcelles d’un mètre sur un mètre, identifiées par leurs coordonnées GPS exactes. Chaque photographie est une représentation poétique de chaque parcelle. Elles sont accompagnées d’un certificat de propriété morale de 60 ans décrétant le droit de protéger la forêt, de contribuer à la recherche et de transmettre ce certificat avec la photographie qui l’accompagne à la générationsuivante.

L’installation Perpetual Amazonia engage la participation du public via la distribution d’une affiche « relationnelle» invitant le public à s’investir sur la question des forêts et à récolter des fonds pour la recherche scientifique en Amazonie.

Lucy Orta est née en 1966, en Angleterre et Jorge Orta en 1953, en Argentine. Ils vivent et travaillent à Paris, France.

 

ARCTIC CONQUISTADORS d’OLGA KISSELEVA


Arctic Conquistadors
 est une carte interactive du Pôle Nord, générée en temps réel. En pistant les entreprises qui s’installent quotidiennement dans la région polaire, ce programme original, développé par Olga Kisseleva en collaboration avec des chercheurs en géopolitique, met en perspective les conflits économiques possibles de ce nouvel Eldorado. L’artiste a construit un programme qui analyse les situations en temps réel et qui fait apparaître les entreprises sur la carte de l’Arctique là où elles sont en train de s’implanter.

Sur l’écran, une carte de l’Arctique. Des logos de groupes majoritairement pétroliers comme Shell, Esso, Total, Tschudi, y apparaissent au fur et à mesure. Le rythme s’accélère, les logos se superposent de plus en plus vite, s’empilent, s’amassent jusqu’à déborder de l’écran : le programme se met à délirer tout seul. A la fin, ça explose, ça ne devient plus supportable.

Cette oeuvre est une mise en garde contre les risques qui guettent cette région riche en réserves de pétrole et encore peu exploitée.
Aprés les guerres de religion, les guerres d’empires, les guerres politiques, on assiste aujourd’hui à la guerre des marchés entre multinationales. La plupart des problèmes politiques découlent de ce nouveau partage du monde.

Olga Kisseleva est née à Léninegrad en 1965. Elle vit et travaille à Paris et à Saint-Pétersbourg.

 

DAMMED WATERS de PETER FEND


Peter Fend propose d’imaginer un équipement simple qui permette de collecter les plantes aquatiques qui prolifèrent dans les canaux et les réservoirs en vue de produire rapidement et localement du biogaz, sans faire pression sur les bactéries, sans nuire aux oiseaux et aux poissons ni à la repousse des plantes tout en participant à la restauration des écosystèmes aquatiques. Cet équipement n’utilise que l’énergie humaine.

Une fois récoltées, les plantes sont mises à macérer, on y ajoute de la bouse de vache et de l’herbe coupée, puis de l’ensilage et du ferment : au bout d’une période allant de trois jours à trois semaines on obtient du gaz.

Combinant la Fontaine de Duchamp et la graisse de Beuys, Peter Fend a concentré son travail sur la production d’hydrocarbures “zéro émission” à partir de plantes
aquatiques. Il a choisi de se concentrer sur les eaux stagnantes plutôt que sur les océans car elles ont l’avantage d’être politiquement autonomes et de former des
écosystèmes stables et bien identifiés. Peter Fend mène cette recherche en Hollande, pays de digues par excellence.

Quand la technique aura fait ses preuves, il envisage de développer des sites similaires sur les routes de migration des poissons et des oiseaux, en Scandinavie, dans le bassin méditérranéen et au delà. Dans ces environnements aquatiques restaurés, les oiseaux reviennent puis dispersent les graines et le guano restaurant à leur tour les forêts et autres écosystèmes. L’art devient ce par quoi “la Nature produit plus de Nature” (Spenser).

Peter Fend est né en 1950 à Colombus, USA. Vit et travaille à Berlin, Allemagne.

 

MARBRE D’ICI de STEFAN SHANKLAND

Le projet Marbre d’Ici est conduit par le plasticien Stefan Shankland, avec Raum architectes, le Matériaupôle, Urbicus paysagistes et l’équipe TRANS305.

Initiée en 2007 par Stefan Shankland, la démarche HQAC – haute qualité artistique et culturelle – vise à intégrer une dimension artistique et culturelle à un processus de transformation urbain. La ZAC du Plateau à Ivry-sur-Seine (94) est le terrain d’application de cette démarche alliant art, ville et développement durable. Le programme TRANS305, prototype HQAC, associe artistes, habitants, professionnels du genre urbain, étudiants, chercheurs, acteurs culturels, services de la ville et élus dans la création d’une nouvelle culture de la ville en mutation.

Le projet Marbre d’Ici croise des enjeux artistiques, urbanistiques et environnementaux. Basée à l’Atelier / TRANS305, l’équipe du projet s’implique dans la conception et la production des futurs espaces publics de la ZAC. L’objectif est de créer un nouveau matériau composite (le Marbre d’Ici) réalisé à partir de gravats provenant des chantiers de la ZAC : une matière première locale, porteuse de l’histoire d’un quartier, valorisée au travers d’un processus artistique. Marbre d’Ici sera utilisé pour remplacer d’autres matériaux importés (granit, marbre…) et contribuer à l’identité esthétique et culturelle d’un quartier en devenir.

En avril 2012, le Marbre d’Ici sera intégré au premier espace public de la ZAC, situé à l’emplacement de l’actuel Atelier / TRANS305.

Stefan Shankland est né en 1967 à Paris. IL vit et travaille à Ivry-Sur-Seine et à Berlin.

 

JALAN JATI par THE MIGRANT ECOLOGIES PROJECT


Jalan Jati ou “la route du Teck”
 retrace le voyage originel, matériel et poétique d’un lit en bois de teck trouvé dans une boutique de seconde main «karang guni» à Singapour, depuis l’endroit, dans le Sud Est Asiatique, où l’arbre d’origine a grandi. Le projet confronte les histoires naturelles cross-culturelles, les relations arboricoles au niveau micro et macro, et la technique de traçabilité du bois par prélèvement ADN.

Chaque arbre a une identité ADN unique qu’on appelle de façon antropomorphique “empreinte digitale”. On peut donc utiliser la technologie ADN pour s’assurer que le bois acheté par les consommateurs internationaux provient bien de plantations et non pas des forêts primaires. Jalan Jati fait parti d’une recherche en cours sur les relations des hommes aux arbres, forêts et produits des forêts en Asie du Sud-Est, axée sur les matériaux, les métaphores, la magie, les ressources écologiques et les aléas historiques. L’approche artistique comprend des photographies, des collages d’empreintes du bois et du lit, et des animations en stop-motion.

Des tests préliminaires suggèrent une possible compatibilité entre l’ADN du fameux lit et les tecks du Sulawesi du Sud. Un groupe d’artistes et de scientifiques s’est rendu sur les anciennes plantations de tecks de l’île de Muna dans le Sulawesi du Sud-Ouest et sont en train de recréer une “écologie” basée sur les éléments de récits sociaux et ésotériques combinés aux informations recueillies grâce aux veines du bois de ce lit.

The Migrant Ecologies Project est un collectif composé de Lucy Davis, Shannon Lee Castleman et leurs collaborateurs, il est basé à Singapour.

Art Orienté Objet, L’Alalie


 

 

La biodiversité est un ensemble complexe dont le sort n’a pas bouleversé l’homme pendant les siècles passés, siècles au cours desquels elle a pourtant entamé un alarmant déclin. Pourtant, les ethnologues savent que les peuples minoritaires, vivant dans des conditions très proches de celles de leurs ancêtres, s’en sont inquiétés bien avant nous.

De fait, la disparition des espèces correspond avant tout à une disparition d’écosystèmes où l’homme était présent tout comme elles, indissociablement. C’est l’alalie. Bien sûr quand on entend ce mot on pense davantage à son homophone, l’hallali, le moment où l’animal aux abois va succomber. Sur un plan émotionnel, ce moment nous a toujours laissés sans voix, en pleine « alalie », ou « aphasie » désespérée, état où la parole ne s’exprime plus. Cette homophonie est aussi la parfaite description de cette disparition commune d’animaux et de cultures dont les langues se taisent à jamais. L’oeuvre qui nous est venue de cet état est tout d’abord le fruit d’un long processus de recherche dans lequel nous  ollectons les noms d’espèces disparues dans des langues disparues, les noms d’espèces en voie de disparition dans des langues en voie de disparition, enfin, les noms d’espèces communes dans des langues communément employées. Le but est de produire un gigantesque dessin au fusain (5 m x 10 m) où l’ensemble des noms d’animaux traduits dans ces très nombreuses langues reconstituera une géographie planétaire, dont on ne percevra le sens que par la reconnaissance des mots « vaches », «cochons », « poules », « chiens », « chats »… en anglais, espagnol, chinois ou français sur une grande partie du globe. Ce dessin sera surplombé d’un mécanisme motorisé relié à une horloge. Ce mécanisme s’apparente à un essuie-glace surdimensionné, constitué de pinceaux alignés, qui frôle le dessin, le balaye légèrement trois fois par jour, au rythme où disparaissent actuellement les espèces animales, l’effaçant progressivement. L’alalie nous renvoie à une fonction première de l’art où la parole s’estompe pour ne laisser que la trace d’un monde physique qui survit. Et si l’utopie, la vitalité fondamentale tenait à une capacité à regarder le monde d’un regard vierge, effacé ?

Art orienté objet est un duo artistique créé en 1991, à Paris composé de Marion Laval-Jeantet et Benoît Mangin. Ces deux artistes mettent l’écologie, comprise comme la science interrogeant nos conditions d’existence, au coeur de leur démarche artistique. Depuis 1991, ils travaillent l’installation, la performance, la vidéo et la photographie autour du thème du Vivant. Ce qui les conduit à aborder aussi bien la biologie, que les sciences du comportement (psychologie et éthologie, d’où la forte présence animalière dans leur travail), l’écologie ou l’ethnologie dans des créations poétiques et inattendues, autant politiques que visionnaires. Ils préparent une exposition monographique au Magasin de Grenoble à l’été 2010.

 

PASCAL BIRCHER – THE DOOR TO HELL

La Porte de l’Enfer: c’est ainsi que les habitants du désert turkmène appellent le cratère de Darvaza. Aux touristes, les guides officiels expliquent que ce cratère fut causé par une catastrophe naturelle. Il résulte en fait d’un accident industriel spectaculaire. En 1971, en perçant par mégarde une poche de gaz naturel lors d’une opération de forage, les Soviétiques provoquèrent un éboulement gigantesque. Il fut très vite décidé d’incendier le trou, sans organiser de secours, afin de se débarrasser au plus vite des émanations toxiques. Mais près de 40 ans plus tard, la Porte de l’Enfer brûle toujours. Le projet The Door to Hell consiste en une enquête, à la fois plastique, documentaire et fantasmagorique, autour de ce traumatisme écologique. Le cratère de Darvaza sera d’abord photographié d’un point fixe à intervalles réguliers pendant 24 heures, du crépuscule au crépuscule. Parce qu’il ne l’a encore jamais été, il sera également cartographié, afin d’être reproduit, sous forme de sculpture et de relevés topographiques.

Mêlant sculpture, cartes, photos, et témoignages sonores, le dispositif d’installation final explorera le lien entre environnement et construction de l’imaginaire, sous pression des rapports de pouvoir politique et économique. Il constituera une réflexion sur les relations de domination entre états, systèmes et idéologies, leurs effets sur les écosystèmes et leur impact le plus intime sur les individus. En résonance avec la représentation apocalyptique, littéralement infernale, portée par la production documentaire et cinématographique occidentale, d’Al Gore à Roland Emmerich, The Door to Hell tentera également de mettre en évidence l’impact d’un choc sur les représentations collectives de l’enfer et de fin du monde.

Né en 1972 en Angleterre, Pascal Bircher vit et travaille à Paris depuis 7 ans où il est représenté par la galerie Martine & Thibault de la Châtre. Le travail de Pascal Bircher consiste principalement en une enquête sur la question des origines, au sens large du terme, puisant ses références dans l’histoire, la science (notamment l’astrophysique), la littérature, mais également le cinéma de genre et la culture populaire. À la manière d’un laborantin mettant au point sa préparation dans un tube à essai, il précipite mythologies personnelles et collectives, échantillons du réel et éléments fictionnels, dans l’espoir de formuler l’insondable. Son objectif est notamment de sonder les mécanismes par lesquels les identités et les histoires se construisent et évoluent à partir d’un point nébuleux. Sa démarche de création s’inspire d’une dynamique du choc. Il explore ainsi les possibilités de représenter, d’objectiver l’invisible et l’indicible, ce qui résiste à l’entendement et à l’observation, en utilisant le détour d’une friction entre fiction et réalité.

 

VALÈRE COSTES – RÉSIDENCE EN FORÊT TROPICALE GUYANAISE

L’objet de ce projet est de mettre en place une plate-forme soutenue par des organismes scientifiques et artistiques ayant pour but de proposer une résidence en Guyane française. L’objectif est d’offrir aux artistes une logistique sérieuse qui leur permettrait de vivre «l’expérience de l’immersion » dans une forêt tropicale primaire.L’Amazonie est l’un des territoires mondiaux les plus soumis à de multiples constructions culturelles (récits d’explorateurs, mythes amérindiens dont celui de l’Eldorado, fictions littéraires et cinématographiques, la notion de l’exotisme, les documentaires…) mais l’immersion permet de se défaire de ces repères afin de s’en construire de nouveaux basés sur un vécu et non plus sur des stéréotypes, ceci afin de pouvoir prendre du recul et de savoir ensuite jauger les écarts qui séparent une réalité de sa construction culturelle. L’autre objectif est d’être entouré en amont et en aval du départ, par des acteurs scientifiques ayant une grande connaissance du fonctionnement des écosystèmes tropicaux (ontologie, biomécanique, botanique …).

Le lieu de la résidence serait situé dans la petite ville de Régina (800 habitants, à l’Est de la Guyane et à 115 Km de Cayenne) à l’écomusée municipal d’Approuague/Kaw. La ville, assiégée par la forêt, permet dans une atmosphère poisseuse, d’appréhender un espace ou les notions d’activité humaine et d’activité naturelle s’effondrent. Cette plate-forme serait hébergée par une structure culturelle existante (centre d’art, FRAC …) avec qui le cahier des charges serait rédigé.

Né en 1974, vit et travaille à Dijon. Diplômé des Beaux arts de Dijon en 2000, Valère Costes intègre la notion de respiration comme phénomène de captation du monde. L’artiste met en place des protocoles techniques robotisés inspirés de manifestations naturelles comme autant d’objets métaphoriques du souffle et de notre rapport au réel. Son art ne revendique rien d’autre que sa propre forme, mais déjà cette forme est parlante car elle s’écrit en réaction à un contexte général désarmant. L’oeuvre ne nous parle pas d’embarras causés à l’écosystème, sa réflexion se situe à un tout autre niveau, il interroge plus directement l’idée de nature à travers le prisme d’un monde technologique et culturel. L’art de Valère Costes devient tout naturellement allégorique. L’imagerie allégorique, écrit Craig Owen, est une imagerie que l’on s’approprie ; l’allégoriste n’invente pas les images, il les confisque. Il s’attribue le signifiant culturel, se pose comme son interprète. L’allégoriste ajoute une autre signification à l’image. L’artiste joue de cette confiscation des signifiants culturels.

 

CÉDRIC PIGOT & MAGALI DANIAUX – FINAL MELT

FINAL MELT est une chaîne de TV gratuite satellite tout public qui diffuse 24h sur 24, et dont l’unique programme est un plan fixe d’un paysage du pôle Nord que l’on pourra voir évoluer de jour, de nuit, au fil des saisons. Contemplative et sans doute un peu provocante, la chaîne FINAL MELTpropose à ses téléspectateurs d’assister en direct à la fonte de la calotte glacière.

Magali Daniaux et Cédric Pigot sont nés en 1976 et 1966. Ils vivent à Paris et travaillent ensemble depuis 2001. Ils sont tous deux représentés par la galerie Eva Hober à Paris. Ensemble, ils tentent de développer une œuvre résolument polymorphe tournée vers l’expérimentation. Leur pratique concerne les arts visuels, la recherche sonore et l’écriture. De leur production au questionnement métaphysique, émane une esthétique sensuelle, puissante et singulière. Leurs réalisations sont d’une radicalité provocante voire violente, désespérément humaine et totalement poétique. Plus récemment, ils ont ajouté une dimension olfactive à leur travail avec E_0625325,une odeur charnelle, sexuelle et addictive qui laisse dans la bouche du visiteur un goût métallique et 804U Â2X intégrée à l’oeuvre Phii. «C’est un médium qui prend place dans l’air et nous aimons sa manière d’être à l’oeuvre, en ce sens ce travail rejoint nos recherches au niveau sonore.» Magali Daniaux et Cédric Pigot ont souvent collaboré avec l’industrie et l’ingénierie sonore, mécènes attentifs avec qui ils ont apprécié travailler: Michelin Thaïlande, De Préférence, Mane, les Ateliers Oury Guyé & fils, Esco France Cérébos, Axon, Deutsch Connectique, Arcelor Mittal, Air Treatment Aplliance Europe [scent solutions], Eol Industries.

 

MOMOKO SETO – PLANET Z

PLANET Z est une planète déserte. Après quelques milliards d’années, une concordance de hasards y donne naissance à un miracle : l’eau. Cette source de vie permet à son tour une nouvelle apparition : les végétaux. La planète déserte se transforme ainsi en une planète verte. Soudain, une épidémie (due à une anomalie, une mutation ou à un changement climatique ?) se répand : les plantes commencent à moisir. Se produit alors une lutte de survie entre les végétaux et les champignons. Les végétaux résistent contre ces troupes fongiques, cependant, la capacité de parasitisme des champignons leur a donné l’avantage. Les végétaux sont condamnés à disparaître, dévorés. Mais alors que les derniers sont anéantis, l’avenir des champignons eux-mêmes semble compromis. La vie d’une espèce peut-elle continuer, si elle n’a plus rien à parasiter ? Depuis la révolution industrielle, la nature sur la planète Terre est menacée. La consommation et l’utilisation abusives des ressources naturelles par les hommes les ont amenés à craindre un avenir incertain sur une planète qui, narguée, se laisserait mourir, stérile et déserte… Ce seront des phénomènes naturels et hasardeux, comme la décomposition des aliments, le développement des myxomycètes, l’invasion des moisissures, qui seront filmés et mis en alternance. La temporalité des processus sera recréée par la technique de time lapse1. Les images de synthèses y seront intégrées, hybridées pour apporter une touche surnaturelle à cette planète proposée.

Née en 1980 à Tokyo (Japon), de nationalité japonaise, Momoko Seto a vécu au Japon jusqu’à l’âge de 19 ans, puis vient étudier en France à l’École supérieure des beaux-arts de Marseille (Master en 2006). Ancienne résidente à la California College of the Arts de San Francisco/Oakland (USA) et étudiante au Fresnoy, Studio National des Arts Contemporains entre 2006-2008, elle travaille à Paris dans une unité du CNRS, au Réseau Asie en tant que réalisatrice de films documentaires. Momoko Seto propose d’observer des phénomènes naturels familiers. Elle détourne ces images et crée un monde (une planète) nouveau sur lequel existent des situations extrêmes et inquiétantes. En utilisant le genre « sciencefiction», qui se sert de paraboles pour parler du monde réel, elle évoque de façon métaphorique les défis environnementaux auxquels nous faisons face.

 

HEHE – NUAGE VERT


Nuage vert utilise les émissions de vapeur qui s’élèvent de l’incinérateur de Saint-Ouen. Une image laser est projetée sur le contour fluctuant du nuage de vapeur pour former un panache de lumière verte. Sa présence est visible dans le paysage urbain toutes les nuits pendant une semaine. Le Nuage Vert présente une forme simple et spectaculaire, un signe flottant gracieusement au-dessus de la ville : à l’extrémité du cycle création-destruction, là où la collectivité brûle ce qui n’a pu être recyclé autrement, il y a encore du sens et de la beauté. Pendant l’événement, les émissions de vapeur deviennent à la fois une sculpture environnementale et un signe d’alerte à tous, nous invitant à moins jeter.

L’oeuvre joue un rôle de révélateur, elle fait prendre conscience au public de son implication dans ce cycle et invite chacun à participer au processus. C’est à proprement parler dans l’interaction entre le Nuage Vert et les publics, à travers des débats, des médiations, des négociations que le projet pris dans son ensemble véhiculera une série de messages, sur la notion et la réduction des déchets.

Helen Evans et Heiko Hansen forment le duo HeHe. Ils vivent et travaillent à Paris depuis 1999. Utilisant un langage fondé sur la lumière, l’image et le son, ils mènent une recherche sur les relations entre les individus et leur environnement architectural et urbain. Pour HeHe, la ville est une source infinie de possibilités, non seulement pour construire l’avenir mais aussi pour exercer son sens critique, pour reprogrammer les bâtiments et les infrastructures, pour rendre l’invisible visible et pour créer de nouvelles significations tissant un récit pour les habitants.

 

FRÉDÉRIC PRADEAU – PURIFICATEUR D’EAU DE MER

Le projet Purificateur d’eau de mer s’inscrit au coeur de la recherche sur les nouveaux matériaux et en particulier la céramique. L’oeuvre est une sphère en céramique microporeuse de 62 centimètres de diamètre envisagée comme un filtre qui immergé à 500 mètres de profondeur pour les 50 bars de pressions nécessaires permet d’obtenir par effet de vases communicants de l’eau de mer purifiée. La pâte céramique a été développée spécifiquement suivant les contraintes de porosité et de résistance mécanique en partenariat avec la Société Imerys (leader mondial des minéraux industriels) et par le CRAFT (Centre de Recherche des Arts du Feu et de la Terre). Un matériau est défini comme une matière ayant des propriétés qui la rendent utile. Le matériau céramique développé pour cette oeuvre concrétise une potentialité dans un processus d’interactions homme nature. Afin d’opérer le glissement de l’oeuvre dans l’utilité, Frédéric Pradeau projette son immersion dans les conditions prédéfinies, reliée par un tuyau à une bouée réservoir ancrée. Ceci implique la conception et la fabrication de la bouée réservoir ainsi qu’une mise à l’eau par une structure compétente. Le test d’une sphère en fonctionnement permettrait d’envisager le développement du projet pour de multiples applications. Le prototype de Purificateur d’eau de merfigure actuellement dans l’exposition Mirages à la Cité des Sciences et de l’Industrie à Paris La Villette.
Né en 1970 à Poitiers, Frédéric Pradeau vit et travaille à Vincennes et Liverpool. Il est représenté par la New Galerie de France Paris, Laure Genillard Gallery Londres et la Static Gallery Liverpool. Diplômé de l’Ecole régionale des Beaux Arts de Poitiers et de l’Ecole municipale des Beaux Arts de Bordeaux, il a notamment été nominé aux David de l’Art contemporain en 2007 Frédéric Pradeau crée régulièrement des dispositifs complexes dont le résultat est le plus souvent d’une grande simplicité, touchant même au banal. De la distillerie de cocacola à la fabrication de briques, son travail s’intéresse aux modes de production de notre quotidien au sein de la société de consommation.

 

OLIVIER LEROI – UN DRAPEAU POUR L’ANTARCTIQUE

Lors de son voyage en Antarctique à la base française Dumont d’Urville en 2007-2008, Olivier Leroi prend conscience que ce continent qui “n’appartient” à personne n’a pas de réelle identité. Les conditions climatiques étant extrèmes, aucune population ne s’y est jamais installée (nuit polaire, froid, éloignement, ravitaillement…). Cependant un certain nombre de gouvernements y on établi des stations de recherche où des équipes se relaient en permanence. La présence de ces bases est une marque d’appropriation territoriale. Sur cette terre qui constitue le plus grand désert du monde, seuls quelques plantes et animaux adaptés au froid y survivent. Parmi ceux-ci, le plus emblématique est le manchot empereur. Olivier Leroi propose donc de concevoir un Drapeau pour l’Antartique aux couleurs de cet animal. Les bandes de ce drapeau adopteraient la répartition des couleurs de son plumage. Les scientifiques qui font des recherches en Antarctique seraient ainsi réunis sous cette bannière.

Après avoir suivi une formation de forestier en Corrèze et un parcours varié, Olivier Leroi a été élève de l’Institut des hautes études en Arts plastiques alors sous la direction de Pontus Hulten. Partant du dessin et de l’objet, il a progressivement développé une pratique polymorphe. Il réalise notamment des actions qui impliquent les personnes rencontrées sur les lieux d’intervention : Première neige au pays DogonEl Zorro Blanco au MexiqueLa brigade de Chambord. Il en conserve les témoignages sous forme de dessins, films, photographies… Dans le cadre de la commande publique, il s’attache à mettre en lien les contextes et les émergences vécues : Abscisse-ordonnéeau Collège de Brunoy (91), La Baliseau Lycée du Giennois (45),Vingt-et-une histoire dans le vent au Collège de Thiant (59), Les 5 sens, Institut de Neuroscience de La Tronchesur-Isère (38) Il cristallise des rencontres, la transversalité étant une des nourritures de sa recherche.

 

PHILIPPE TERRIER-HERMANN – THE WORLD

Ce projet consiste en la réalisation d’une mappemonde de grand format totalement redessinée en incorporant diverses projections plus ou moins réalistes. En effet, cette carte fictive d’un monde futur serait conçue, avec l’aide de divers spécialistes en géopolitique et développement durable, en prenant en compte divers phénomènes tant politiques qu’écologiques. Cette projection présente un monde futur qui aurait été contraint de redéfinir ces frontières, afin de faire face à divers mouvements de populations liés au réchauffement climatique et à la montée des eaux. Une prise en compte de certains phénomènes de nationalisme et de protectionnisme sera aussi mise en perspective dans ces projections. À titre d’exemple, le Royaume-Uni, sous décision des Nations Unies accueilleraient la moitié de la population du Bangladesh, disparu sous les eaux, dans les territoires des Highlands en Écosse. L’Andalousie, trop aride pour les espagnols serait devenue un territoire concédé à divers réfugiés africains. La population d’Israël, devenu zone nucléaire après divers bombardements en Moyen-Orient, serait réfugiée en Poméranie, un territoire polonais devenu une île, suite à la montée des eaux des fleuves Vistule et Oder. Les densités extrêmes de populations auront créé des conurbations inquiétantes, avec des mégalopoles régions, telle la « New-Holland » ville/pays abritant 25 millions de personnes sur un land concédé par l’Allemagne. En effet, beaucoup de conflits sont déjà générés par la répartition des richesses contenues dans les sols. L’eau devient elle aussi une source de conflit grandissante (Nil, Jourdain, Danube, Kirghizstan et Ouzbékistan, Mauritanie et Sénégal…). Ces phénomènes vont donc certainement s’accentuer sous la pression démographique et les divers changements climatiques. Cette vision mi-apocalyptique et mi-utopique est donc censée sensibiliser sur un mode parodique et ludique aux effets des pollutions engendrées par l’homme. Ces divers désastres (réchauffements, montée des eaux, fleuves contaminés, guerres, zone nucléaire active…) auront pour effet de concentrer les populations sur des parcelles exiguës. Certaines zones seront devenues totalement invivables,tandis que nos anciens paradis blancs (pôles, Groenland…) seront les nouvelles capitales pour les «happy few».

Philippe Terrier-Hermann est né en 1970. Après des études de photographie à La Cambre à Bruxelles et à la School of the Art Institute of Chicago, il réalise son premier travail Intercontinental1996- 2000” à la Rijksakademie van Beeldende Kunsten à Amsterdam. Puis, il séjourne à Bruxelles, à Rome (Villa Médicis), à Paris (cité des Arts) et à Tokyo (Villa Médicis Hors les Murs). Depuis 2000, il a exposé au Centre National de la Photographie à Paris, au Museum voor Fotografie à Anvers, à la Biennale de Sharjah aux Emirats Arabes Unis, à la maison Grégoire à Bruxelles, au Centre d’art contemporain de Castres, à la villa Arson à Nice et cette année à la Biennale de Busan en Corée du sud. Ses Vidéos ont été projetées à l’occasion des soirées Point Ligne Plan à La Fémis à Paris, au Super Deluxe à Tokyo, aux Etablissements d’en face à Bruxelles, à De Appel à Amsterdam au Jeu de Paume et au Grand Palais à Paris et au Centro Reina Sofia à Madrid. Certaines font aussi parties des collections du Musée National d’Art Moderne, Centre Georges Pompidou à Paris. Il a publié quatre ouvrages Fascination & Romans, Internationales106 beautés japonaises et 93 beautés Hollandaisesavec l’éditeur néerlandais ARTIMO puis Veenman. Il a collaboré avec l’Institut Français de la Mode et avec les magazines Up Street à Londres et Hunch à Rotterdam. Il enseigne la photographie à La Cambre à Bruxelles et aux Beaux-Arts de Besançon. En 2007, il est en charge d’une mission photographique, sur le paysage contemporain, commanditée par le gouvernement de la Province Zuid Holland. Il est fondateur et responsable du centre d’art autogéré La maison Grégoire à Bruxelles.

 

 

 

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Posté par Eloise28 à 14:26 - Commentaires [0] - Permalien [#]